ISRAËL, janvier 2002 : De plus en plus de jeunes refusent d'accomplir au sortir du lycée leur service militaire obligatoire, en théorie de 3 ans pour les filles et de 2 ans pour les garçons. Des soldats et des officiers de réserve refusent aussi désormais de se plier à leur devoir de service. Enfin, des appelés, des réservistes, et même quelques engagés, refusent de se rendre dans les territoires occupés : eux, ce sont les "selective refuzniks".
Devenir objecteur de conscience en Israël n'est pas une mince affaire. En dépit de l'existence d'un comité de conscience spécifique, les moyens d'y arriver sont ardus et le passage par la case prison quasi-systématique, au moins pour les hommes
Diverses associations pacifistes et activistes rassemblant parmi leurs membres de nombreux objecteurs de conscience, notamment New Profile et Yesh Gvul tentent d'agiter l'opinion publique.
C'est en partie aussi grâce à elles que le regard sur les objecteurs s’est un peu adouci en vingt ans : en 1982, ceux qui avaient refusé de servir lors de la guerre du Liban avaient été durement condamnés par l'Etat et la société.
Il n'empêche, l'armée et le pouvoir continuent de se crisper. Et il demeure difficile de chiffrer l'ampleur du phénomène, tant les autorités tentent de camoufler sous divers artifices ce symptôme d'une crise nationale profonde, qui permet aussi une autre vision de la guerre au Proche-Orient...
in Regards, mars 2002.
(transcriptions et traductions des entretiens réalisés par sophie loubaton : karine gantin.)